mercredi 28 avril 2010

[FFXIII n'est pas] un bon jeu.

L'article ayant été rédigé pour JV.com, avec en prime un minable Bloc-Notes, vous excuserez le manque de sous-titres, la mise en forme douteuse et le relatif étouffement qu'a subit mon style, bien moins acide et personnel qu'à l'accoutumé. JV.com oblige, il m'est impossible d'être un tant soit peu virulent, JV.com, l'apôtre du consensuel totalitaire ?!!! Bref, en espérant vous amuser, vous révolter ou vous convaincre... bonne lecture.




Avis final sur FFXIII.


D'entrée, je vous le dis tout de suite : je hais ce jeu. Ceux qui ne réfléchissent et/ou n'écrivent qu'à base de smileys ou de "bide" auront l'amabilité d'arrêter leur lecture sur cette phrase, leurs réponses ne m'intéressant guère. Non, si je me suis résolu à vous concocter un petit pavé pour FFXIII, c'est que je pense la discussion intéressante et, espérons-le, constructive. Car oui, discussion houleuse il y aura, et croyez bien que ce post risque d'être la source de bien des querelles : tant pis, il aura au moins le mérite d'être, je l'espère, correctement argumenté.

Faisons donc une brève présentation du schmilblick. Final Fantasy XIII, 13ème opus d'une série qu'on ne présente plus - ou si peu, je vois bien des gens commencer FF avec le XIII -, FFXIII est aussi et surtout le second épisode sans deux de ses plus grands orfèvres, Sakaguchi et Uematsu. Si Kitase est encore présent (il est désormais simple producteur), nous noterons avec intérêt le poste de Motomu Toriyama, scénariste, rôle qu'il n'avait par ailleurs occupé qu'avec... FFX-2. Oui, ce n'est pas une blague, vous pourrez tous vérifier par vous-même, je ne mens pas. Dernière figure emblématique du trio de tête, peut-être le plus représentatif du Final Fantasy "nouvelle génération", Tetsuya Nomura qui pose une nouvelle fois son trait caractéristique, toujours reconnaissable entre 1000, 10 000, 15 000 designers. N'essayez pas le même exercice avec ses projets, ni 1000 ni même 2 (The World Ends With You, au hasard), vous vous risqueriez à de sérieuses migraines dont vous vous passeriez volontiers. Hamauzu est aux claviers mais sa présence me semble plus anecdotique que le Cerbère évoqué ci-dessus, c'est pourquoi je ne m'attarderai pas davantage sur le bonhomme dans mon introduction. En bref, voilà une équipe qui avait de quoi rassurer les détracteurs d'FFXII, jugé trop austère et trop peu haletant par ces derniers, peut-être plus sensibles à la guimauve et aux bons sentiments davantage honorés dans FFX (ah, Suteki Da Ne...). Aimant assez FFX et à la fois FFXII, j'étais pour ma part ravi du retour d'un staff dont les productions sont toujours plus en phase avec ma vision d'un Final Fantasy. Car oui, malgré tout ce que je dirai sur Final Fantasy XIII je dois bien reconnaître une chose : c'est bel et bien un FF, quoiqu'on en dise. Un mauvais FF, mais un FF tout de même. Pour reprendre là où j'en étais, j'attendais donc ce Final de pied ferme en bon fan invétéré de la saga. Rapidement, histoire de vite ressasser mon expérience dans les FF pour ceux qui ne me connaissent pas, disons que j'ai fini tous les FF numérotés (plus quelques spin-off comme FFT, FFTA ou le premier CC) sur leur support originel et que je les ai tous torchés au moins 3 fois à partir du V. Donc oui, quand a-t-il été annoncé, quelque part comme 2005-2006 ? J'étais au taquet, traquant la moindre news, tous les screens possibles et infos imaginables...

Le drame fut qu'à mesure que les news étaient publiées, mon ressenti et mes attentes baissaient proportionnellement. Le mauvais chara-design de Nomura, le dirigisme affligeant supposément subi pendant et uniquement pendant les premières 25 heures de jeu (un immense pipo), des invocs sponsorisées par Ban-Dai/Transformers et de la J-pop plus mielleuse qu'un rucher entier, croyez-moi, mon coeur en a fait des bonds dignes des épreuves d'athlétismes des JO. Les trailers commençaient à se multiplier tandis que je commençais alors à comprendre enfin : "Je ne vais pas aimer ce jeu."

61 heures et 40 chasses plus tard, et je le dis avec toute la sincérité qui est la mienne, mon ressenti est exactement le même dans ses fondements. Car oui, FFXIII a tout de même réussi à me surprendre, à me décocher quelques - rares - sourires révélateurs, a fait battre vigoureusement mon coeur sur ses dernières heures de jeu (et uniquement de jeu) et a presque réussi à me faire penser qu'il était un bon jeu et a fortiori un bon RPG. Mais, non, FFXIII a beaucoup de défauts et beaucoup d'AUTRES défauts (que personne ou presque ne mentionne et dont je me ferai une joie d'en lister l'inventaire) que sa linéarité outrancière et sa relative flemme artistique.

Tout d'abord, nous nous attarderons sur les qualités du jeu : il n'en a pas beaucoup et je préfère m'en débarrasser, histoire d'être le plus transparent possible à vos yeux et que vous puissiez bien voir qu'à aucun moment je ne serai de mauvaise foi dans ma critique. Ne possédant qu'une 360, j'avoue avoir eu peur des disparités techniques que nos moutures présentaient par rapport aux versions originelles PS3 : résolution revue à la baisse (respectivement, 576p contre 720p pour les phases IG et les cut-scenes ; 720p contre 1080p pour les CG), framerate parfois douteux et division du Blu-ray unique en 3 DVDs. Un portage sacrément bâclé sur le papier, quasi-insultant pour ceux qui comme moi ne disposent que de leur 360 pour goûter aux joies de la HD ( :rire: ) sur console. Ceci étant, et même sur 360, je me dois de souligner la justesse et l'excellence de la technique qui sert FFXIII : ça ne rame à presque aucun moment (deux lieux mis à part), et surtout bon dieu que c'est beau. Peut-être pas autant que ce à quoi je m'attendais, et quelques textures me laissent tout de même perplexes, mais alors globalement c'est sublime. Je n'irai pas jusque dire que Square a été intelligent de tout miser sur la plastique de son bébé (c'est même sa plus grosse erreur), mais force est d'avouer qu'un tel emballage souligne admirablement le propos d'FFXIII. Seul problème : il n'y en a pas. Hum, reprenons. Voyez-vous, je réfléchis en même temps que je rédige ce paragraphe et je vous jure qu'hormis la technique d'FFXIII je suis absolument incapable de vous citer un élément du jeu absolument parfait, car même là où FFXIII se devait d'être excellent, il n'est au mieux que bon voir simplement honnête, ce jeu me pose un véritable problème. Je vais donc parler des éléments qui, à mon sens, sont moit/moit.

Quoique, je mentionnerai rapidement les petits clins d'œils aux anciens FF (qu'à peu près personne n'a grillé, comme je suis étonné !) : Lindblum, le vaisseau dirigé par... Cid (FFIX), le "Paramecia" (= Burmecia, qui en jap se prononce quelque chose comme " Balamecia", la référence est évidente), Palompolum (idem, référence aux frères jumeaux d'FFIV), le nom d'une grande partie des Fal'cie, Les Trésors de Gilgamesh, ça fait quand même bien plaisir et le fan ne se sent pas si désarçonné que ça, même si des tas d'oublis soit-disant révolutionnaires sont à mon sens strictement inadmissibles, mais j'y reviendrai volontiers plus tard.

Beaucoup de gens parlent du système de combat d'FFXIII comme quelque chose d'ingénieux, de fabuleux, merveilleux et plein d'autres adjectifs plaisants en "eux". Ingénieux, ces combats ? Permettez-moi de vous poser la question : avez-vous déjà joué à FFX-2 ? Pour ceux qui ne l'auraient pas essayé, je vous invite à aller vous renseigner sur les mécanismes des combats de ce dernier, vous verrez vite en quoi votre "ingénieux" ne tient pas la route. Oui, FFX-2 proposait déjà de pouvoir changer de job en plein combat et les joutes ressemblaient énormément à celles d'FFXIII (au niveau des mouvements, interactions, c'était très actif et parfois même un tantinet brouillon). Là où FFXIII pompe encore, il le pompe ailleurs que chez ses grands frères. Dans FFXIII, votre ATB est divisée en plusieurs parties, qui sont autant d'actions que de segments. Une approche similaire était déjà envisagée sur Chrono Cross (la Stamina) et Xenogears, où l'on pouvait à l'instar d'FFXIII effectuer plusieurs actions par tour avec nos persos. Bref, non seulement FFXIII n'invente rien mais ce qu'il pompe, il l'effectue à mon sens assez mal. Car je lis aussi que le système de combat est "stratégique". A ceux-là, je leur pose cette autre question : en quoi lancer Acuité 2 fois sur un mob, le debuffer avec 2 altérations d'état, avoir de bonnes Stratégies (que tout le monde partage tellement elles sont logiques et relèvent du bon sens) et healer au bon moment est stratégique, mais mon dieu vous vous rendez compte de la connerie que votre petit adjectif minable et infondé ?!!! De plus, c'est parfois assez approximatif, et je vais pour cela illustrer cette nouvelle critique par un exemple on ne peut plus parlant. Je joue avec Fang, elle est ma seule et unique leader depuis que j'ai le choix de mes propres combattants et je peux vous assurer qu'elle loupe quelque chose comme une fois sur 3 la dernière attaque de sa séquence (celle où elle divise ridiculement sa lance en deux, quoique niveau ridicule le snipe de Sazh l'écrase largement) sur n'IMPORTE QUEL MONSTRE. Pas uniquement les Cie'th qui volent et esquivent fréquemment les attaques physiques non, il m'arrive même de louper mes coups blancs sur un Behemoth gros comme une maison ou certains boss, c'est extrêmement frustrant et absolument injustifié, surtout qu'FFXIII le casualisé ne repose que sur deux statistiques : la Force et la Magie, il n'y a aucune Agilité, Précision, Chance... bref, à partir du moment où je loupe aussi fréquemment ma boucle d'attaques physiques, sans justifications apparentes, je ne peux décemment pas dire d'un tel système de jeu qu'il est stratégique, c'est absolument logique.

Approximations physiques mis à part, je trouve encore à redire sur ces combats car je ne me suis jamais senti récompensé ni même fier en jouant à FFXIII, la solution des combats se résumant à breaker l'ennemi le plus rapidement... whaouw, c'est effectivement terriblement stratégique et hautement passionnant tout ça. De plus, on lance très souvent les mêmes commandes, tout cela est au final frustrant et très redondant. Après oui, j'ai quand même réussi à trouver les combats corrects et deux boss ont quand même réussi à me plaire. Mais voilà, je le dis et le répète, je n'ai à aucun moment ressenti une quelconque fierté en y jouant, le fait étant que ce système est bien trop bancal et d'une difficulté plus inégale encore que le dernier Metallica. Oui, la difficulté, parlons-en. Là encore, FFXIII est étrange car j'ai trouvé les combats contre les trash mobs dans l'ensemble moins simples que ceux contre les boss, qui ne m'ont jamais ou presque posés de problème particulier. Pour ce qui est des monstres lambdas par contre, je suis là encore assez mitigé, car si les Bombos (qui portent très mal leur nom... ça les aurait tués d'en foutre des vrais ? que-quoi, "Innovation" ? Total bullshit, oui) se tuent en 5 vraies secondes, certains ennemis comme les Sahuagins sont tellement chiants et mal programmés (je parle de ceux qui vous font tout le temps chuter) qu'on est réellement en droit de se demander si les programmeurs responsables des monstres ne sont pas carrément amateurs. En dehors des combats en eux-même, je trouve l'idée des Stratégies/Paradigms/Optima Change malvenue et beaucoup trop simple pour se révéler réellement intéressante. En plus d'être limitées en nombre, 6 je crois, elles ne sont même pas paramétrables, tout est là pour faire plaisir au Kevin-CoDuty de base tellement c'est accessible et surtout idiot. Pour prendre un autre exemple, j'aimerais dire à Hope de ne pas SE LANCER BRAVOURE PARCE QUE CE CONNARD DE GOSSE N'EST QU'UN MAGO ET QUE LA FORCE NE LUI SERT STRICTEMENT A RIEN, j'aimerais aussi lui dire de lancer en priorité certaines magies, du genre Endo-machin avant Voile, ou Soin^x avant Guérison, sauf que cela est impossible : on subit la "nouvelle ouverture" de Square passivement, pendant des dizaines et des dizaines d'heures de jeu à l'intérêt tout aussi douteux que la justesse de ce gameplay.

Artistiquement, l'ensemble est très inégal : certains décors, à l'instar du Lac Bresha ou des Sources de Yaquelquechose sont d'une beauté inouie, tandis que d'autres comme les Mines ou le lieu où l'on affronte Odin sont franchement à chier mais alors nuls nuls nuls nuls. Et puis, pour certains décors, si je peux les trouver objectivement réussis, je me suis assez souvent dis qu'il manquait quelque chose, une magie, peut-être était-ce trop parfait à mon goût mais pas mal de décors ne savaient pas me charmer tout à fait, ce qui n'est pas un défaut en soi et m'est strictement personnel, disons que c'est tout de même regrettable. Pour donner un élément de comparaison, je trouve le Sélénos ou les Ruines de Zanarkand d'FFX plus réussis, plus envoûtants, bref mieux que tout FFXIII. Mais d'accord, je veux bien admettre que je déconne quelque part ce coup-ci. Mais oui, la Cité reculée (c'est son nom ?) est sublime, le Lac Bresha (où on se fait pourtant chier ferme) est sublime, presque toute Pulse est sublime...

Là où le bat blesse, toujours artistiquement, c'est au niveau de l'OST, ou plutôt de ce que les mecs chargés de son intégration en ont foutus. Je m'explique : je lisais, sur pas mal de forums et un test en particulier, que les tracks étaient en l'état bonnes, mais mal implémentées, et souvent peu pertinentes (chose unique dans les FF, rappelez-vous des Feel My Blade et autres A Dream That Will End Sometime), j'avoue avoir eu du mal à imaginer la chose. J'ai désormais fini le jeu, et malheureusement pour FFXIII OUI les pistes sont effectivement mal amenées, OUI le résultat est crispant et OUI l'OST est bonne. Dans tout le jeu, j'ai dû entendre le Battle Theme des combats réguliers moins de 50% du temps contre des mobs normaux. FFXIII veut forcer les moments épiques, à user et abuser des tracks supposément épiques qui se fondent dans les combats ET "l'exploration" (nous définirons cela plus tard, car là aussi le sujet est épineux) : ce genre de procédé a toujours été monnaie courante dans la série et même dans nombre de RPG. Le dernier donjon de SH : Covenant, Prisoners of Fate de Chrono Cross, la fin du DVD 2 de Lost Odyssey ou même, comme je l'ai déjà citée, A Dream That Will End Sometime d'FFX. Sauf qu'en général, ce même procédé n'est utilisé à tout casser que 3 ou 4 fois dans un RPG, paraît bien souvent naturel et se révèle bien souvent des plus utiles, des plus pertinents et des plus entraînants. Ici, que nenni, cette technique est tellement abusée qu'on en rigole franchement dès lors que l'on est arrivé à la première moitié du jeu, on se plairait presque à croire comment ils ont réussi à saboter (:p ) le travail d'Hamauzu, c'est tout bonnement ridicule. Donc oui, une bande-son en demi-teinte, à la base très bonne voir excellente réduite en cendres par un groupe de bras-cassés pas fichus de comprendre qu'il ne sert à rien de créer artificiellement des moments épiques à base de boss theme mis en fond musical pour le field. Enfin, pour ce qui est du chara-design, j'ai su me faire une raison : Snow est lamentable 1) de flemmardise et de facilité 2) parce que son dos est tout gris et que le diriger sur Cocoon est une plaie sans nom, Sazh pue la merde (je parle uniquement du design, nous nous entendons), Vanille idem... A mon sens, il n'y avait que Light, Fang et Hope de sauvables, ce sont d'ailleurs ces 3 persos qui constituent actuellement mon équipe finale. Je suis désolé mais là encore, FFXIII est extrêmement facile et convenu... Nomura ne surprend plus, ne SAIT PLUS surprendre et n'envisage aucune prise de risque, il se répète à mort et est surtout en train de niquer la plus grande saga du jeu vidéo avec ses conneries, ce type me lourde énormément et je tenais à le dire. Qu'il se casse ou se concentre sur Kingdom Hearts, qui lui va beaucoup mieux, mais qu'il laisse FF tranquille, je n'en peux plus de ses persos de boys-band sans imagination et shonenisés au possible pour attirer le chaland des kids, ça n'est tout simplement plus possible. Je ne demande pas non plus un retour d'Amano (je pense qu'il a mieux à foutre, en fait, que de s'attarder sur une série qui a perdu toute sa gloire, toute sa fierté et toutes ses vraies personnalités), juste quelque chose de frais, d'original, de risqué, comme le disait Hooper "à quand un moche dans un RPG japonais ?", bref je pense que vous voyez où je veux en venir. Les gens me diront, ses fans surtout, que ce jugement relève du goût mais non, je les mets au défi de me dire en quoi ses designs actuels sont audacieux ou innovants. Mattez The World Ends With You, le spin-off caché d'FFXIII et Kingdom Hearts avec en héros Sora et Snow : je n'exagère presque rien !

Je vais maintenant aborder un sujet qui risque de faire peut-être plus polémique encore que celui précédemment abordé, le scénario.

Et là, c'est une nouvelle fois le drame. Mais peut-être pas pour les raisons auxquelles je m'attendais, je m'explique. Le scénar' d'FFXIII est, dans l'absolu, tout à fait sympathique et divertissant (sic), et est vu de haut plutôt bien écrit.
D'une part, j'aimerais focaliser votre attention sur un point, la supposée fraîcheur scénaristique d'FFXIII. Non, FFXIII n'est toujours pas innovant. Le scénario a beau être correct, il n'est pas nouveau pour un sou. Pulse et Cocoon, les deux mondes d'FFXIII, ne sont qu'une resucée des Kuzutetsu et Zalem de Gunnm. Pour le reste du scénar, nous avons droit à la sempiternelle et désormais fatiguante rébellion contre l'ordre établi utilisée dans un premier temps sur FFII et établie, limite "normée" depuis le IV, avec comme arme unique la PUISSANCE DE L'AMITIE (là encore, je n'exagère rien, ceux qui ont fini le jeu savent de quoi je parle) et that's it. Dans les grandes lignes c'est vraiment tout ce qu'il y a à savoir, ne cherchez pas plus loin. De plus, la totalité des persos secondaires (un mis à part) sont totalement bâclés et inintéressants et finissent bien souvent d'une manière absolument pitoyable, je n'espèrais bien entendu pas quelque chose du tonneau de Kefka/Sephiroth/Ulti/Kuja mais un peu d'effort de ce côté-là n'aurait pas été de trop, pour vous donner un simple repère dîtes-vous que même SHU/Xu de FFVIII était plus intéressante ET PLUS LOQUACE que n'importe quel perso secondaire d'FFXIII. De plus, vous verrez - ça n'est pas vraiment un spoil, et je vous jure que c'est vrai - qu'à chaque fin de donjon, vos persos trouveront miraculeusement un vaisseau pour s'en extirper et poursuivre leur fuite. Ces "miracles" sont expliqués dans le scénario par ce qui est probablement le prétexte le plus improbable et le plus fallacieux que j'ai jamais vu dans un RPG tellement il est facile, je me suis même dis à ce moment que je pourrai moi-même faire mieux, imaginez la chose. J'ajouterai à ce sujet que la moitié des scènes cinématiques reposent sur l'obtention de ces mêmes vaisseaux et des courses poursuites made in Hollywood s'ensuivant, à mourir de rire tellement on y croit pas une seconde tant l'issue est évidente et tant ces scènes sont exagérées et ridicules. Sincèrement, on a réellement l'impression de matter un mauvais film américain : dans l'absolu, ça passe, mais pour un produit estampillé "Final Fantasy XIII", la pillule a beaucoup de mal à passer.

Si sur le papier le scénario d'FFXIII n'est que bon, il est bien un aspect que je me dois de révéler qui a fait mouche me concernant : l'approche non pas nouvelle mais chiadée des personnages. En effet, je dois bien avouer qu'à défaut d'être très intéressants, les persos d'FFXIII sont tous mis également sous les projecteurs, et souvent de manière fort touchante, de manière à s'attacher à eux plus fortement que ce à quoi nous avait habitué le genre. La narration fragmentée y participant très largement : comme dans FFVI vous serez amenés, ici bien plus et bien trop longtemps, à diriger 3 groupes distincts, un procédé qui à la base n'est pas pour me déplaire. Mais le rythme du scénario est si irrégulier que vous vous ferez profondément chier à de très nombreuses reprises, et ceci est INEXCUSABLE pour un jeu comme FFXIII, qui était censé être totalement en contraste avec FFXII. Finalement, il en partage son plus grand défaut : le débit incertain de sa narration. Sauf que si FFXII avait ses chasses, ses nombreux autres à-côtés et la richesse incroyable de son gameplay pour se faire pardonner, FFXIII n'a rien : il est trop souvent vide, fade, creux, emmerdant. Pas toujours, hein, je reconnais quelques moments de bravoures fulgurants à l'aventure notamment à la fin, ces mêmes moments où j'ai décoché les quelques sourires complices dont je parlais plus haut, disons que c'est "juste" très inégal et très poussif.

En revanche, j'admets avoir été assez saisi par le background. Non, il n'est pas original (je viens de le dire, suivez un peu), mais est suffisamment bien exploité dans le jeu pour se révéler digne d'intérêt et SURTOUT : il est commun à l'ensemble du projet Fabula Nova Crystallis, ce qui peut être extrêmement intéressant si le potentiel de cette mythologie explose sur Versus XIII, qui risque le cas échéant d'exploser littéralement son aîné (le comble, je ne pensais pas cela probable avant d'avoir tâté FFXIII). Je n'en dirai pas plus, disons que j'ai trouvé les Extraits et l'immense majorité des dossiers bienvenus, quoique je trouverai quand même quelque chose à redire à ce niveau : pourquoi, non, comment les scénaristes ont pu être aussi cons d'avoir pu mettre certains dossiers qui spoilent ouvertement la gueule du joueur d'une révélation qu'il n'est pas sensé connaître a minima une demi-heure avant la lecture du dit-dossier ? Est-ce que cela à un sens, est-ce que cela est utile ? Non, c'est profondément stupide et les gens qui ont eu cette idée sont des débiles finis doublés de bras cassés qui n'ont rien à foutre chez un développeur de l'envergure de Square, ils font tâche et insultent le joueur, qui n'a rien demandé de plus que se renseigner plus en profondeur sur les évenements et leur caractère. Bref.

Nous allons maintenant quitter le Purgatoire, le neutre, et piétiner la merde infernale que représentent tous les autres éléments d'FFXIII que je n'ai pas encore abordés.

Souvenez-vous, LupeCudi et autres claudette, lorsque vous taxiez FFXIII de "Beat'em All", non sans une certaine volonté de provoquer, mais avec tout de même un fond de vérité, aussi minime soit-elle. Je n'irai bien évidemment, bonne foi oblige, pas jusque dire qu'FFXIII en est un, mais je peux vous assurer que la ressemblance entre la progression d'un BTA et celle d'FFXIII est confondante tant les points communs que l'on peut trouver entre les deux sont nombreux. Quoiqu'il y a des virages dans les BTA, tandis que pousser le joystick gauche vers le haut suffit bien souvent à venir à bout des "Chapitres" (sic) de ce dernier. Le fait étant qu'il n'y a pas de villes, j'ai eu la très désagréable impression de jouer à un véritable jeu d'action, sans pause sporadique et salutaire, certaines séquences m'ont été très fatiguantes à boucler tellement je me disais "bordel, une pause à ce moment ne nous ferait pas de mal, une ville, un oasis, n'importe quoi". Mais non, il y a des monstres absolument partout et en ce sens oui, FFXIII peut s'apparenter à un BTA. Mais la chose avec FFXIII, et j'irai encore plus loin que les deux gugus que j'ai cité, c'est qu'il n'est à mon sens non seulement pas un RPG, mais même pas un simple JEU VIDEO. Combats mis à part, je n'ai jamais eu le sentiment de jouer à quelque chose avec ce Final Fantasy mais ai plus eu la désagréable impression de me retrouver en face d'un film vaguement interactif, où l'on est davantage spectateur que joueur, on subit du début à la fin sans avoir notre propre mot à dire. Ce que certains appellent "audace" (et croyez bien que j'ai su utiliser ce mot à de très nombreuses reprises en parlant de Square), je l'appelerai plus volontiers "trisomie profonde". Qu'ils en fassent un film, le résultat aurait été strictement le même et personne n'aurait eu à se plaindre vis-à-vis du dirigisme et du manque de vrai "jeu" de ce Final Fantasy XIII. Sauf que payer 80 euros pour matter un film de 30h n'est pas très réjouissant, si vous voulez mon avis et celui de mon propre anus qui crie aussi fort qu'il le peut "je me suis fait entuber !". Je savais bien que le jeu serait extrêmement linéaire (ne comparez pas ça aux anciens FF où je risque, en arguant certes, de vous taper très fort sur les doigts), mais sachez qu'entre savoir simplement la chose et l'expérimenter de ses propres mains et de ses propres sous sont deux choses radicalement différentes.

Je tiens aussi à éclaircir un point d'ombre sur lequel pas mal de gens se méprennent : non, il n'y a aucune quête annexe dans FFXIII. Enfin si, une seule, celle qui vous donne le succès "Pionnier de Pulse", qui consiste à réunir les 5 pièces (indiquées sur la map, paye ta quête...) d'un robot de deux décimètres de long qui traverse les siècles, je n'exagère rien (bis²). Le reste n'est que mission et non quête, puisqu'il n'y a absolument rien à chercher, je n'appelle pas ça, ni moi ni le dictionnaire, une quête à proprement dit. Soit-dit en passant, et juste pour le plaisir - quoique cela ne me fait pas si plaisir que ça, j'ai plutôt envie de pleurer si vous voulez mon ressentiment brut - de casser du sucre sur le dos d'FFXIII, les Hunts d'FFXII étaient autrement plus passionantes et variées que celles du XIII, qui ne se résument à... rien. Même la faille des Elus est inintéressante, c'est dire...

Enfin, dernier point noir, qui va immédiatement rentrer en contraste avec un autre point que j'ai déjà élaboré : les relatifs clins d'oeils à la série. Alors certes, nous avons un Lindblum, un Palomporom, Un Burmecia... et cela, au risque de me répéter, fait franchement plaisir. Mais c'est absolument tout. La seule récurrence musicale qui a été conservée dans ce FF est le thème des Chocobos, ce qui est absolument scandaleux. Ils auraient très bien pu mettre la Fanfare, conserver la Prelude ou même mettre le thème éponyme de Final Fantasy dans les crédits, ce même thème qui m'a toujours valu de chaudes larmes devant un FF. Même là il n'en est rien : Square a préféré viré ce thème pour la chanson de Leona Lewis, une espèce d'errsatz de Mariah Carey à la voix imbuvable à "l'art" si fade, si convenu... à l'image d'FFXIII, en fait.

Elle est là, l'innovation ? La modernité, l'audace dîtes-vous ? Dans l'usurpation la plus totale et la plus méprisable d'une saga qui avait une réelle personnalité, de vrais scénarios, de vrais caractères et qui était l'une des rares séries du jeu vidéo qui pouvait, avant FFXIII, pouvoir encore prétendre à l'excellence et la sincérité la plus haute jamais vue dans ce média ? Lorsque vous lisez, et je ne mens toujours pas, que les devs d'FFXIII se sont inspirés de Call of Duty pour concevoir leur jeu, lorsque vous lisez des mots-mêmes de Kitase qu'FFXIII est un jeu designé et conçu pour un public pubère, cela ne vous fait réellement pas réagir ? Le coup des invocations ne vous dérange pas ? Je passerai sur la linéarité qui n'est même pas le plus gros défaut d'FFXIII, mais sur tout ce que je viens de dire, rien ne vous fait trembler ? J'ai vu l'autre jour, un mec intituler son topic "Best game ever", à ceux qui pensent cela, je leur dirai : jouez. C'est probablement votre premier FF voir votre premier RPG, et si tel est le cas, ne vous limitez absolument pas à cette saloperie, il y a tellement mieux dans le genre, que ce soit dans ou en dehors de la saga que vous restreindre à FFXIII serait très certainement votre plus grosse erreur de gamer.

Ah et, très brièvement : la traduction est à chier et ne correspond absolument pas à ce qui est dit dans les cut-scenes, mais alors vraiment pas. Il y a même quelques fautes d'accord et d'orthographes, que je pourrai pardonner si le reste se révélait bon, à l'instar d'FFIX ou XII. On paye le prix d'une localisation rapide, quoi.

Voilà, j'ai fini. Mon ressenti est assez transparent, je n'ai plus besoin de faire de dessin. J'ai passé quelques bons moments, certes. La fin, ou plutôt les dernières heures de jeu, est bonne voir excellente. J'ai failli y croire à pas mal de reprises, et j'ai trouvé certaines idées mentionnées ci-dessus bonnes voir utiles. Trop peu, mais quelques unes. Je tiens aussi à préciser que malgré tout, dans l'absolu, le jeu est finalement assez bon. Sauf qu'il n'est "ni un bon RPG, ni un bon FF (il est un FF tout court, je le dis et le répète), , mais un sympathique hybride entre la réflexion et la contemplation" (GK, Greg, qui a tout dit).

Au final, Final Fantasy XIII, un jeu oubliable, à oublier et à déchiqueter.

[FFXIII est] Lost Odyssey.


Les gens m'intriguent. Ils attendent tous FFXIII, ces blaireaux finis, les yeux rivés sur leur navigateur, à la recherche de news bien souvent frustrantes. Ils se blessent, ces cons, ils sont tous masos !

Sauf que ce tas de merde n'a pas d'œil. Il lui suffirait tout bêtement de se diriger au rayon "RPG 360" de leur arnaqueur préféré (Micromaniaque, au hasard), de courber l'échine à la lettre L et de piocher le bien malheureux Lost Odyssey pour se rendre compte de l'absurdité de leur impatience. Le bas de la jaquette indique un obscur Mistwalker, que n'importe quel micro-étron du tas de bouse sus-nommé devrait vite devoir éclaircir. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'FFXIII est déjà entre leurs mains.

Lumière.

Mistwalker n'est ni plus ni moins que le studio de développement crée par Hironobu Sakaguchi, illustre surfeur, passionné de Légo et accessoirement papa de Final Fantasy. Évincé de Squaresoft après l'énorme échec commercial qu'était Final Fantasy : Les Créatures de l'Esprit, les ambitions hollywoodiennes et le moral mis à plat, Sac à Gucci (private joke, un Mars à celui qui choppe la référence) décide enfin, en 2004, de lancer sa propre boîte à idées, Mistwalker, brève mais géniale référence au tout aussi génial FFIV.

Sakaguchi, donc, parallèlement à l'infantile Blue Dragon, y entame sa première vraie ambition scénaristique post-Square, Lost Odyssey. Notre second moustachu préféré, pour parvenir à ses fins, invitera trois géniaux garçon -forcément- sur son chouette navire :

- Nobuo Uematsu, je pense que je n'ai pas besoin de le présenter. Exemplaire de chez exemplaire, il a été l'unique compositeur attitré de Final Fantasy sur ses neufs premiers opus, a cédé une part du labeur sur FFX et XI puis s'est tout bonnement volatilisé de The World Is Square après sa seule composition pour FFXII, une sympathique ballade, hommage évident à son idole d'Elton John. Rappel au bon goût : il est notre moustachu préféré.

- Takehiko Inoue, la main de Vagabond et l'auteur de Slam Dunk au trait incroyablement éclectique, le genre de génie capable de passer du Seinen le plus sérieux à l'insouciant et puéril Shonen en un coup de crayon.

- Kiyoshi Shigematsu, vous pouvez respirer, écrivain réputé au Pays du Soleil-Levant, bel inconnu sous nos latitudes.

Mistwalker n'est en réalité qu'une machine à idées ; feelplus en est le peintre. feelplus, studio tout neuf peuplé d'ex-Shadow Hearts.

Bref, l'alliance est des plus prometteuses.

Les premiers artworks lâchés sur la Toile étonnent : certains y décèlent du Drakengard, d'autres du FF peut-être plus conventionnel. En tout cas, tous bandent sévère. Le peu de scénario qui a filtré jusque sa sortie nous apprend que Kaïm, le très charismatique héros du titre, est un Immortel ayant vécu plus de 1000 ans. Et comme les choses sont bien faîtes (bis), celui-ci perdra la mémoire après 5 minutes de jeu. Voilà qui fait un sacré bon prétexte pour démarrer un bon jeu, tiens.

2008, le bébé sort de sa piaule. Les critiques brûlent, il faut chaud dans le paysage vidéo-ludique mondial. On diagnostique une radiodermite à bébé LO, c'est la fin des haricots.


Je ne m'attarderai pas très longtemps sur les critiques aussi nombreuses que stupides que s'est mangé Lost Odyssey lors de sa sortie européenne. Disons que tous ces gens n'ont fait que me prouver une chose : je n'attends décidément pas la même chose du jeu vidéo que ces types. Les graphismes, plus généralement la technique, passent pour moi au second, au troisième plan. C'est à mon sens un vrai bonus, rien de plus.

Je suis peut-être étrange après tout, ou même carrément idiot. Perso, il me suffit d'une bonne histoire, d'un script convaincant mais bien narré, de personnages attachants juste comme il faut et d'une OST belle et à propos pour me convaincre. C'est là que je me rends compte que je ne suis peut-être pas tout à fait fan de jeux vidéos, le monde entier ne jurant que par le gameplay et les prouesses techniques. La preuve, Call of Duty Modern Warfare 2 est le jeu le plus vendu de tous les temps alors qu'il ne sait remplir (à merveilles, certes) que ces deux critères : mon exemple est à mon grand regret probant, en plus d'être sinistre.

Excusez la digression et revenons à nos moutons : 2008, LO ramasse péniblement ses dents après les uppercuts massifs et répétés de ce qu'on ose encore appeler "presse spécialisée" (mon cul). Heureusement, le monde est bien fait et il existe des joueurs, des vrais. Avec une âme d'enfant et une vue fonctionnelle : j'en fais naturellement parti. Disposant encore de l'entièreté de mes 5 sens, je me décide 2 longues années plus tard à pénétrer enfin le nouveau bébé de Sakaguchi. Non, cette phrase n'a absolument rien de pédophile, fi, vil manant !

Le coeur bat et le pouls s'accélère. 10 heures plus tard : "Merde, ça tue sa race."


La recette est vraisemblablement classique. La progression obéit aux rudes schémas du RPG japonais, pour faire simple : donjon, scénario, ville et re-donjon. La chanson a beau être connue, on ne saura jamais dire à LO -décérébrés mentaux mis à part, et sans mauvais jeu de mot- de changer de disque, pour la simple et bonne raison que cette recette s'y révèle diablement efficace. Quand bien même le rythme s'avère qualitativement inégal, on ne s'ennuie jamais totalement dans Lost Odyssey. C'est comme de bons haricots verts : on en bouffe tous depuis des décennies, n'empêche qu'on ne sait jamais s'arrêter lorsqu'ils sont savamment cuisinés. Lorsque le plat est aussi copieux que celui que nous propose Lost Odyssey, vous ne vous étonnerez plus d'avoir passé 12 heures de jeu en pensant n'en avoir effectué que le quart. Un mot sur la linéarité : contrairement à ce que j'ai pu lire ci et là sur le net (un vrai tas de merde, ça aussi), le jeu est très loin d'être aussi dirigiste que ce que l'on peut penser, il est pour tout dire médian à FFIX et FFX. Rien de véritablement choquant, et c'est pas faute d'avoir cherché la petite bête. Passons désormais à l'autre aspect de ce classicisme assumé : le gameplay.

"Tiens, je savais pas que Cecil était aussi classe. Lost Odyssey, vous dîtes ?"


S'il est une chose où le classicisme de LO nous éclate encore plus à la gueule qu'au niveau de sa progression, c'est bel et bien le gameplay, old-school de chez old-school. Brève présentation : en plus de retourner à une équipe de 5 (!) personnages, vous aurez dans Lost Odyssey à faire à un tour par tour des plus épurés, rudimentaires diront les mauvaises langues. Moi, je le taxerai plus volontiers de "frais" : dans ce contexte d'A-RPGisation massive (c'est ce qui s'appelle un méchant barbarisme, voyez par là FFXIII, Eternal Sonata et Infinite Undiscovery, des RPG majeurs de la génération actuelle où l'accent est toujours mis sur la rapidité plus que sur la stratégie) dans lequel il s'inscrit, le gameplay de Lost Odyssey est d'une fraîcheur phénoménale, jouissive et salutaire. Presque à la manière d'un T-RPG, chaque action doit être choisie avec précaution et il n'est pas rare de passer plus de 3 minutes par tour lors de certains boss tant le challenge est relevé tout au long de l'aventure. En effet, la difficulté est un autre point appréciable de Lost Odyssey ; le lvl-up étant capé, Lost Odyssey assure des combats d'une rare intensité à chaque fin de donjon. Enfin un RPG current-gen où l'on ne prend pas le joueur pour un imbécile, cela fait franchement plaisir.

Si les combats s'organisent autour de mécanismes bien connus des fans de RPG japonais, il en est tout autrement pour ce qui est du système d'évolution des personnages. Il faut tout d'abord préciser une chose : comme dit ci-dessus, Kaïm est un Immortel. Vous recruterez, à mesure que vous avancerez dans le cheminement, de nombreux autres Immortels (ça n'est en aucun cas un spoiler, le second vous rejoignant après une toute petite demi-heure) vous rejoindront, ainsi que des Mortels tout ce qu'il y a de plus naturel -quoique, j'aimerais bien pouvoir me caster Force Maxi de temps en temps, moi-. Si ces derniers apprennent leurs techniques d'une façon linéaire, en montant de niveau à la Chrono Trigger/Xenogears, vos Immortels auront quant à eux deux manières bien distinctes d'apprendre de nouveaux talents. La première méthode consiste en un pompage pur et simple du système d'équipement de Final Fantasy IX (ou Tales of Vesperia, pour prendre un exemple plus récent) : en arborant un accessoire donné et en gagnant le nombre de Points de Compétences requis, vous apprendrez définitivement la compétence que vous donnait l'objet. L'autre manière d'apprendre des skills consiste en ce que l'on appelle un Lien de Compétence : en somme, si vous sélectionnez la compétence d'un Mortel dans le sous-menu dédié à ces Liens, votre Immortel commencera à apprendre cette technique. Si ces Liens de Compétences peuvent paraître dispensables au début du jeu (le fait étant que vos 2 Immortels sont des brutes et votre seul Mortel un tissu), ils sont absolument incontournables une fois arrivé au DVD 2.

Techniquement, c'est plutôt convaincant mine de rien.


En effet (je m'auto-congratule, admirez ce narcissisme), j'ai beau m'en foutre à mort, il faut bien reconnaître que le jeu se démène plus que bien pour ce qui est de la technique. L'animation est respectable et la qualité des graphismes oscille entre le simplement correct et le franchement magnifique. En combat, les textures appliquées à vos héros et aux ennemis sont vraiment convaincantes. Personnellement, il m'arrivait de ne plus toucher à la manette en plein combat simplement pour voir de près et admirer le design des persos tant leur reproduction 3D est fidèle aux gribouillis originels et tant l'Unreal Engine 3 peut s'y avérer juste. Le constat est plus mitigé lorsqu'il s'agit des phases d'exploration, rien de réellement alarmant mais nous sommes tout de même un cran au-dessous, les PNJ étant bien souvent d'une modélisation inégale. Quant aux villes, elles sont toutes grandioses et feront à n'en pas douter agiter les souvenirs des révérencieux fans de Final Fantasy que vous êtes (Midgard, Kalm, Horizon), mais là je frôle le hors-sujet. Disons que la technique de Lost Odyssey rend justice au travail des artistes derrière ces villes.

Ah, et ces fameux temps de chargement. En installant le jeu sur le disque dur, je n'ai jamais (je dis bien jamais) eu à m'en plaindre. Je trouve même ceux d'FFVIII plus longs, c'est dire comme la critique me semble déplacée. Vous n'avez pas de DD ? "Bien fait pour vous", la technologie est un caca géant et vous n'y pouvez rien. Ouais, entre ça et les télés HD qui ruinent vos jeux 128 bits, il y a quand même de quoi lui en vouloir. Sinon, pour avoir joué quelques heures sans installation, je vous avouerai qu'en l'état ils sont parfois crispants et peuvent durer jusque 10 longues secondes. Oui, c'est beaucoup.

Voilà, je pense en avoir fini avec la partie la plus chiante de la critique, dieu que c'est emmerdant d'avoir à parler de ce genre de choses.

Un scénario qui, s'il ne transcende aucun canon du genre, n'en reste pas moins magnifique. Vous allez chialer les mecs.


Lost Odyssey, "c'est poétique". Non, ce paragraphe n'en restera pas à ce lieu commun honteux mais disons qu'il résume assez bien la chose (et puis ça me fait rire, mais là c'est personnel). Vous penserez que je suis brut de décoffrage si je vous annonce que le vilain s'appelle Gongora et restera le même du début à la fin -syndrome BK/FFVI- et qu'en plus de ça que sa personnalité est pour le moins convenue. Là encore rassurez-vous, on le devine sans peine après 3 cut-scenes. Ça n'est de toutes manières pas l'intérêt du scénario, qui sait user d'autres cordes que le sempiternel "méchant qui n'est pas le vrai méchant car contrôlé par un vrai vrai méchant". Tout le potentiel de Lost Odyssey est résumé dans son intrigue, rendez-vous compte : vous jouez un véritable Immortel, qui plus est vieux de 1000 ans. Kaïm s'est lié et délié à l'Humanité, il perdait ses proches aussitôt qu'il les embrassait, a vécu sur des dizaines de champs de bataille et traversé des milliers de kilomètres. Meurtri, le cœur affaissé mais le visage ferme, Kaïm n'est au début du jeu rien d'autre qu'un simple exécutant, ayant perdu sa fille et sa femme il n'attend plus rien du monde sur lequel il vit et pour cause : il ne vit plus, ne RESSENT plus. Liquéfié par les centaines de morts auxquelles il a dû faire face, intimement détruit, son "don" nous est désigné comme un fardeau absolu, de ceux qui abolissent toute tentative de paix et réconciliation intérieure, car antithétique à la nature humaine. Ici, l'immortalité est traitée avec une approche profondément noire et est vécue comme une mort intérieure, psychologique, là où la fragilité de la vie mortelle paraît lui donner un sens, un vecteur, une force ; Lost Odyssey ou le plus grand manifeste vidéo-ludique à la candeur humaine, Lost Odyssey qui ne manque jamais d'associer réjouissance de la vie humaine à son indissociable penchant funeste, indissociabilité qui donne donc tout son sens à la vie, indissociabilité pourtant interdite et exclue à l'immortalité, immortalité fatalement grise, glauque et morose. Une réflexion de la mort déjà élaborée dans Final Fantasy IX, notamment dans sa conclusion - un heureux hasard ? non, un génie commun ! -, en plus chiadée, à mon sens plus touchante.

Je n'en dirai pas plus sur le scénario à proprement parler tant celui-ci, malgré son inégale ascension, saura vous intéresser. C'est en tout cas tout l'effet qu'il a eu sur moi. Revenons maintenant en détail sur l'idée de génie qui confère réellement à ce Lost Odyssey le statut de jeu d'exception, ses Rêves.

Les Rêves sont ces fameuses nouvelles rédigées exclusivement par Kiyoshi Shigematsu (Sakaguchi ne s'étant occupé que du scénario, si je ne m'abuse). Oui, des nouvelles.

Oui, des NOUVELLES.


Histoire de bien insister :

nouvelle féminin

1. (Littérature) Genre littéraire basé sur un récit de fiction court en prose, centré sur un seul événement et dont la chute est souvent surprenante.
* La nouvelle, c’est une nuit dans un motel américain. — (Paul Morand, Le prisonnier de Cintra)


(http://fr.wiktionary.org/wiki/nouvelle)

Assurément, des nouvelles... dans un jeu vidéo. Non, vous n'avez pas changé d'article, je parle toujours de Lost Odyssey. Les plus sceptiques d'entre vous me répondront, doute tout à fait légitime (pour l'avoir moi-même côtoyé), "qu'est-ce que des putains de nouvelles peuvent bien foutre dans un fuckin' jeu vidéo ?"

Mon opinion sur la chose est à l'image de mon avis global, l'idée est d'une incroyable pertinence et sied à merveille au contexte mélancolico-épique inhérent à cette épopée. Ces nouvelles servent à mettre en lumière le passé de vos Immortels (très souvent celui de Kaïm, le héros incontestable de l'aventure), au style sobre mais fluide, nouvelles servies par une traduction que j'estime remarquable.

A ce propos, j'ai le sentiment que les traducteurs des Rêves ne sont pas les mêmes que ceux qui se sont occupés du cœur du jeu, je serai à ce propos ravi que l'on puisse encenser ou contredire concrètement, avec preuve à l'appui, mes impressions.

C'est à peu près tout ce que je dirai à leur sujet. Vous en dévoiler une serait idiot, injuste et cruel, tant ces Rêves (rien que ce mot devrait pouvoir vous mettre l'eau à la bouche), malgré quelques petites longueurs observées à gauche à droite et de légères différences au niveau de leur intérêt, peuvent se révéler touchants. Touchants, et pourtant si simples... mais si beaux [/MissFrance]. Encore une fois, jouez-y, car si je peux parfaitement retranscrire mes opinions relatives à des détails purement techniques, croyez bien qu'il est autrement plus périlleux pour un apprenti demeuré dans mon genre de coucher sur papier un ressenti si brut et si personnel que ce que m'ont évoqués ces Rêves. Un dernier souci mineur : à deux ou trois reprises, vous serez amenés à enchaîner 3 voir 4 rêves, ce qui pourrait se révéler crispant pour celui qui ne demande qu'à explorer les environs, après 10 longues heures de jeu.

Ho, et encore un dernier détail (OLALA LA TRANSITION PAS GRILLÉE) : quelque chose qui, s'il manquait à l'appel, rendrait presque (je dis bien "presque") ces rêves fades et ennuyeux, qui rejette avec la plus grande violence le simple attribut d'accompagnement pour, et avec la plus grande modestie au monde, tirer vers le haut, magnifier, sublimer, transcender, arracher le simplement bon des terres de la médiocrité pour le propulser aux cieux, en haut desquels, triomphant ce qu'il devait se contenter au mieux d'embellir, sinon de caresser mollement le maître farouche, je parle bien sûr de la musique, l'incontournable bande-originale de tous les bons RPG.

16-bits' Style, Mothafucka !

Sans surprise, Uematsu est aux Scores pour ce douxième ; treizième épisode de Final Fantasy (DAMN IT) Lost Odyssey. Après avoir frôlé la niaiserie à plusieurs reprises dans son travail pour Final Fantasy X puis embrassé de la plus belle et honnête manière son amour pour Elton John dans son unique composition destinée à FFXII, "Kiss Me Goodbye", Uematsu retourne dans ce qui lui a le mieux réussi tout au long de sa carrière : la mélodie pure, la "pop du jeu vidéo" (qu'inventeront les mauvaises langues). L'homme n'ayant jamais été un brillant arrangeur passée la génération 16 bits, c'est avec un plaisir non dissimulé que nous retrouvons notre compositeur de jeu vidéo préféré au top de son inspiration, pour une longue OST (quoique ne rivalisant pas avec ses travaux pour Square, les enjeux commerciaux étant d'une échelle radicalement différentes ; Mistwalker n'est rien, économiquement et strictement économiquement parlant, à côté de Square-Enix) d'une grosse soixantaine de pistes, à la qualité cette fois-ci régulière et d'un génie qui semble tout droit provenir des années 90 tant le résultat est bluffant. A croire qu'on a congelé Moustache juste après 2000 (FFIX) pour qu'il puisse se lâcher comme jamais sur ce Lost Odyssey. Incroyable.

En ce qui concerne la qualité des arrangements, je dois admettre avoir été assez hâtif. J'en suis presque à vouloir dire ici le contraire, car de nombreuses pistes sont là pour nous informer que enfin, nous sommes bel et bien sur next-gen ! Sans méchanceté aucune (je suis le premier amoureux de ces vieilles OSTs), il est bon de pouvoir enfin écouter de VRAIS instruments, avec toute la chaleur et la satisfaction que cela implique, que l'on me comprenne bien : j'adore les .MIDI, je dis simplement qu'il était enfin temps d'élever les moyens au talent de l'individu. L'individu, Uematsu, en a assurément, écoutez le Battle Theme régulier ou bien le thème normal des boss et vous comprendrez sans aucun mal que, malgré cet évident retour à une composition plus "catchy" (old-school si vous préférez), une telle OST aurait été strictement impossible il y a 10 ans. Les percussions, quoi. Une OST toujours juste, qui ne se contente jamais de s'adapter à un contexte précis et qui sait se servir de sa propre magie pour marquer les passages. Que ce soit la fin du DVD 2, celle du premier DVD ou les moments entre Jansen et Ming (quoique, ça risque de faire gueuler, ça), il est rare de se retrouver en face d'une OST aussi riche et aussi mémorable, surtout par les temps qui courent. Et surtout : c'est de la vraie musique de jeu vidéo ! Pas un putain d'ersatz de merde de musique de film hollywoodien (SALU MW2, Heavy Rain et plus généralement le JV américain...) !

Je ne dirai peut-être pas que ce travail d'Uematsu est supérieur à tout ce qu'il a fait, il ne faudrait peut-être pas déconner. FFVI, VII, VIII, IX et IV restent nettement, d'un point de vue musical, au-dessus. Quoique, "nettement", peut-être pas tant que ça en fait.

Tout simplement excellent.

EN CONCLUSION.


Je déteste rédiger des conclusions. Je trouve ça chiant, rébarbatif, totalement contournable. Mais je suppose que je n'ai pas le choix. Je sens que je vais la faire façon JV.com. "Damned", comme dirait Khayrhalt.

Beau, long et passionnant, Lost Odyssey est le RPG japonais de la décennie, à ne manquer sous aucun prétexte pour tout digne fan des Final Fantasy. Épaulé par une difficulté digne de ce nom et servi par une bande-originale magistrale, Lost Odyssey saura convaincre n'importe BLABLABLABLABLA FUCK THIS.

J'ai adoré Lost Odyssey, je ne vois pas sur quoi je pourrai correctement conclure sans qu'abondent les "c'est génial", "ça tue", "superbe", etc. Achetez-le et faîtes-vous votre propre idée. J'ai pleuré, ri, tremblé, crié en jouant à Lost Odyssey, j'ai été pris aux tripes comme rarement je l'ai été et c'est de mon point de vue tout ce qui putain de compte. Je serai prêt à reclaquer 70 balles pour ressentir le trentième de ce que j'ai vécu sur LO, sans déconner. Vous voilà avertis.

BUY IT OR DIE !